Dossier

CP BCV: une caisse, des pensions depuis 1887

La Caisse de pensions du groupe BCV clôt un bon exercice 2025. Découvrez son histoire, son fonctionnement, ses résultats et les personnes qui l'administrent.
| Par Anne Gaudard, BCV

Responsable du département Prévoyance professionnelle à la BCV, Francis Bouvier est le gérant de la CP BCV depuis 2023.

Connaissez-vous le taux de conversion de votre caisse de pensions? Savez-vous combien elle a rémunéré les avoirs de ses assurés et de ses assurées en 2025?

Vous avez les réponses? Vous devez approcher de la retraite. Vous l’ignorez? Vous êtes comme deux tiers des Suisses et Suissesses, selon le sondage réalisé par Swisscanto dans son Étude annuelle sur les caisses de pensions. Ce qui compte, finalement c’est que vous vous intéressiez à votre situation. Du moins pas trop tard.

Votre caisse de pensions, ce n’est pas que ces deux chiffres. Si, à la BCV, on tient au «s» de pensions, ce n’est pas pour rien. Car le 2e pilier n’assure pas que la retraite. Comme le précise la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP), une institution de prévoyance comprend également des systèmes de couverture en cas d’invalidité et de décès. Un coup d’œil à votre certificat de prévoyance – que vous retrouvez aisément dans votre cockpit personnel – vous le montre. En le parcourant, vous constaterez également ce que vous pouvez racheter, en d’autres termes, comment vous pourrez améliorer votre retraite en procédant à des versements volontaires. Ou encore combien vous pouvez retirer pour financer l’acquisition de votre logement principal.

Caisse du groupe BCV

Depuis 2023, la CP BCV est gérée par un service spécial du département Prévoyance professionnelle de la Banque (voir ci-dessous). Le but est bien sûr de faire bénéficier les collaboratrices et collaborateurs d’aujourd’hui et d’hier du groupe des compétences du pôle BCV dédié au 2e pilier. Et l’on parle bien du groupe, car «les filiales de la Banque – Piguet Galland, GEP et Gérifonds – cotisent aussi à la CP BCV», rappelle Francis Bouvier, gérant de la Caisse, responsable du département Prévoyance professionnelle à la Banque.

Et comment se porte-t-elle? Plutôt bien, poursuit le gérant. Car, pour rappel, le 2e pilier est nourri par trois cotisants. Nous. L’employeur. Et les placements.

Augmentation de la rémunération

Les résultats ont convaincu le Conseil de fondation d’augmenter la rémunération pour 2025. «Nous avons rémunéré les comptes d'épargne à hauteur de 3%, un taux auquel s’ajoute une rémunération exceptionnelle de 2% provenant des fonds libres. Ce qui représente une augmentation de deux points de pourcentage par rapport à la rémunération de 2024 et permet à votre caisse d’afficher une rémunération moyenne sur cinq ans de 3,3%», explique Pascal Udry, le président du Conseil de Fondation.

Prendre cette décision, c’est prendre en compte différents paramètres (marchés, démographie des assurés et des assurées, etc.). Le but: assurer sur le très long terme (qui est le rythme de la prévoyance) les retraites des collaborateurs et collaboratrices. Ainsi, la répartition des performances annuelles, lorsqu’elles sont positives, passe non seulement par la rémunération des avoirs du 2e pilier, mais aussi par la constitution de réserves pour traverser les périodes moins fastes.

Bonne performance

En 2025, la CP BCV a terminé l’année avec une performance remarquable qui lui permet d’afficher un taux de couverture de 126,9%. Ce qui signifie qu’elle pourrait largement subvenir à ses obligations envers ses assurés et ses rentiers en cas de coup dur. Un calcul théorique, mais qui permet d’en mesurer la solidité.

Pascal Udry, responsable régional Clientèle privée Nord, assure la présidence du Conseil de fondation de la CP BCV.

Prestations intéressantes

L’évaluation d’une caisse passe en outre par un coup d’œil aux prestations offertes. Si la loi fixe un cadre, aux caisses d’utiliser tout ou partie de la marge de manœuvre qui leur est laissée selon leur situation financière.

«Il est intéressant de constater qu’avec la pénurie de main-d’œuvre observée au lendemain de la crise sanitaire, les caisses de pensions ont gagné en visibilité comme outil de gestion des ressources humaines. Dans ce contexte, la CP BCV est bien placée. Prenons l’exemple du taux de conversion. À 5,45% à 65 ans, il est supérieur à la moyenne des caisses de pensions, notamment de celles du domaine bancaire», relève Francis Bouvier.

 

Des tendances apparaissent dans la palette de prestations. En reflet de la société. À la BCV, pour citer quelques exemples, le remboursement des années de rachat après un décès a été accordé avant même que cela ne devienne la norme. La Banque propose par ailleurs différents modes de cotisation depuis de nombreuses années. Ainsi, chaque collaborateur ou collaboratrice peut choisir entre des cotisations mini, maxi ou standard pour lesquelles l’employeur cotise nettement au-dessus des 50% exigés par la loi (voir encadré).

Les votations récentes sur la prévoyance l’ont démontré: la compréhension du 2e pilier pèche en Suisse. Il n’y a qu’à assister à une conférence sur le thème pour constater que la question de la communication hante tous les conseils de fondation. La CP BCV n’y échappe pas. Plusieurs pistes sont explorées pour venir à vous.

Vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement du 2e pilier?

Rendez-vous dans pointsforts. Vous y trouverez plusieurs articles ou émissions consacrées à la prévoyance, notamment professionnelle.

Comment lire mon certificat de prévoyance?

Quand faire des rachats dans mon 2e pilier?

«Intéressez-vous à votre caisse, à vos avoirs de retraite»

Actifs, actives, pensionnés, pensionnées, tout le monde converge depuis 2023 vers Nicolas Turrian et Jérôme Torti, si bien sûr l’information recherchée ne se trouve pas sur le cockpit de la CP BCV, première source de renseignement sur votre 2e pilier.

Leur bureau est au cœur du département de la Prévoyance professionnelle. Mais, n'ayez crainte, il est fermé. Car votre dossier de prévoyance professionnelle doit rester confidentiel. Aucune information n’est, par exemple, directement transmise aux ressources humaines.

Témoins de chemins de vie

Nicolas Turrian est gestionnaire de la CP BCV. «Je suis le témoin de beaux chemins de vie». Il poursuit: «je m’occupe de l’administration du 2e pilier des employées et employés du groupe de leur affiliation à leur sortie.» Il voit défiler devant ses yeux la vie de 2193 personnes actives et de 1390 bénéficiaires de rente. On lui parle de rachats, de mariage, de divorce, d’achat de logement, d’invalidité, et bien sûr de retraite. Il entend ainsi souvent la question: que dois-je prendre: rente ou capital?

Jérôme Torti, lui, s’occupe aussi de controlling, de tâches administratives et de gestion. Il peut répondre statistiquement à la question posée plus haut. «En 2025, nous constatons que 47% des personnes arrivées à la retraite ont choisi de prendre leur capital, 34% ont préféré la rente et 19% ont opté pour la solution mixte.» Il garde aussi, par ailleurs, un pied hors de la CP BCV. «Je m’occupe encore de la gestion de quelques fondations d’entreprise», explique ce spécialiste du 2e pilier qui aime à préciser qu’il n’est pas banquier, mais qu’il s’occupe de la vie des banquiers.

Nicolas Turrian accompagne les collaborateurs et les collaboratrices qui cotisent à la CP BCV.

Jérôme Torti encourage tout le monde à lire son certificat de prévoyance.

Ce contact personnalisé, particulier avec tout le monde, c’est un des atouts de leur activité au quotidien. Des discussions qui pourraient s’éterniser s’ils en avaient le temps.

Une passion pour le 2e pilier

Impossible de le cacher, ce sont des passionnés de 2e pilier. Ce qui arrive d’ailleurs souvent aux personnes qui mettent un jour le doigt dans la LPP. Et cette passion, ils la partagent. Ils souhaiteraient même la partager davantage. «J’aime expliquer la prévoyance professionnelle et ses enjeux pour tout un chacun», explique Nicolas Turrian en rêvant de convaincre les gens qu’il faut s’y intéresser au plus vite. «C’est dans leur intérêt, et pas seulement pour la retraite».

Il donne un exemple. «Si une personne assurée choisit le plan maxi (voir graphique ci-dessous), il va accroître ses avoirs et peut-être qu’à 35 ans, il voudra acheter son logement». Mais, convient à regret Jérôme Torti, «il est vrai qu’il est difficile de s’y intéresser en début de carrière, les priorités sont ailleurs.» Il insiste: «gardez-le dans un coin de votre esprit!»

Un choix de cotisation avantageux

Année après année, vous voyez passer une information générale qui vous informe des différents plans de cotisation à choix. Mini, maxi ou standard? Ce sont en fait différents niveaux de cotisation, soit le pourcentage du salaire assuré que vous et l’employeur versez dans votre caisse.

Si vous faites toute votre carrière à la BCV, vous pouvez franchir huit paliers qui montent jusqu’à 39% du salaire assuré entre 55 et 59 ans, alors que le minimum fixé par la loi en propose quatre, dont le plus élevé s’arrête à 18%.

À la BCV, la part de l’employeur dépasse le minimum légal - qui est rappelons-le de 50% - et évolue au gré des paliers pour atteindre, dans un plan standard, par exemple, trois quarts entre 55 et 59 ans.

Prenons le cas de Luc qui entre à la BCV en 2026 à 25 ans. Pour comprendre ce que signifient ces différents plans, il demande une projection de ses avoirs à la retraite.

Il part du principe – pour simplifier – que son salaire sera constant, tout comme le taux de rémunération de ses avoirs. Son salaire AVS – la base de calcul pour la LPP – est de CHF 80 000 et le taux de rémunération futur de ses avoirs de 1,25%.

Du simple au double

Pour lui permettre de se décider, son conseiller lui présente le résultat en graphique (voir graphique ci-dessous à droite): il constate que s’il travaillait dans une entreprise avec un plan minimum, il aurait un peu plus de CHF 300 000 dans son 2e pilier à la fin de sa carrière. En choisissant le plan Maxi à la BCV, il aurait plus du double .

Pour approfondir, il jette en outre un coup d'oeil au tableau qui lui est présenté (voir ci-dessous à gauche): il représente sa situation à 40 ans, un point dans sa carrière s'il choisit le plan "maxi". Les taux de bonification et son salaire assuré sont supérieurs à celui du minimum légal. La conséquence est immédiatement visible: à la fin de l'année, la bonification épargne, en d'autres termes ses cotisations et celles de son employeur, est plus du double que ce qu'assure au minimum la loi. 

La caisse en chiffres

 

Une des plus vieilles caisses de Suisse

Cent trente-neuf ans. C’est l’âge vénérable de la caisse de pensions BCV, appelée autrefois la Caisse de retraite du personnel de la Banque Cantonale Vaudoise. L’eau a coulé sous les ponts, les lois ont évolué, une raison de plus de se pencher sur ce qui constituait cette caisse à son commencement et les prestations versées. Exemples.«La participation des membres du Conseil d’administration est facultative; celle des employés est obligatoire, sauf pour ceux actuellement en fonctions. Ces derniers auront à se déterminer dans le délai d’un mois dès l’adoption des présents Statuts. Les participants seuls ont droit à la pension.»

«Tout participant a droit à la pension de retraite après vingt ans de services révolus.»

La pension est basée sur le chiffre moyen du traitement perçu par le bénéficiaire durant les trois exercices précédant celui dans lequel il demande sa retraite, et d'après le tableau suivant:

L’année 1985 constitue bien sûr un moment clé de l’histoire de la caisse. Elle marque un tournant majeur en Suisse avec l'entrée en vigueur de la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle (LPP). Elle a rendu obligatoire la prévoyance professionnelle pour les salariés et les salariées afin de garantir, avec le premier pilier (AVS), le maintien de leur niveau de vie antérieur.

La Caisse de pensions de la BCV, car c’est son nom désormais, reprend, en 1985, avec effet rétroactif au 1er janvier 1980, les actifs et les passifs de la Caisse de retraite du personnel de la Banque Cantonale Vaudoise, selon son bilan à fin 1979, accusant un actif net de CHF 104 464 839,82.

L'affiliation est obligatoire pour tous les collaborateurs et les collaboratrices de la Banque, dont le salaire annuel atteint au moins le montant minimum fixé par la LPP, à I'exception toutefois du personnel engagé pour une durée limitée, et n'excédant pas trois mois. La retraite réglementaire est alors fixée à 65 ans pour les hommes et 62 ans pour les femmes. La Caisse assure des pensions de retraite, d’invalidité, de veuf ou de veuve, de femme divorcée, d’enfant et d’un éventuel capital-décès.