Témoignages

«C’était une aventure humaine exceptionnelle»

Quelque 400 km, 19 athlètes, 15 membres du staff et des dizaines d’accompagnants et d’accompagnantes ont rallié Oron à Milan pour récolter des fonds pour PluSport. Retour sur un défi hors norme salué par le Président de la Confédération, Guy Parmelin.
| Par Anne Gaudard, BCV

Vous les avez peut-être suivis sur les réseaux sociaux, voire en «live» durant leur périple entre le 1er et le 5 février. Le défi Oron-Milan a été relevé. Et avec la manière. Cinq jours d’efforts et d’émotions pour retrouver l’ambiance de la Maison Suisse à Milan, une magnifique introduction à la pluie de médailles qui allait suivre lors des JO de Milan-Cortina. Neuf étapes à travers les Alpes pour un objectif commun: «repousser les limites physiques et humaines pour soutenir la fondation PluSport, qui accompagne les personnes en situation de handicap dans la pratique du sport», rappelle Marc Platel, membre du comité d’organisation du défi, présidé par son frère David, responsable régional Clientèle privée BCV à Lavaux.

D’Oron à Milan, des coteaux de Lavaux à la montée de l’Egginerjoch, du Musée olympique à la Maison Suisse, d’Aigle à Macugnaga, athlètes, équipes de soutien, bénévoles et amis ont parcouru 400 km en courant, en skiant, en ramant ou en pédalant. De la sueur qui a permis de récolter plus de CHF 40 000 pour PluSport. «Un résultat qui remplit de fierté les organisateurs et celles et ceux qui ont participé à cette aventure unique», témoigne Marc Platel.

Une foule immense à Lausanne

Le 1er février, journée initiale, a tenu toutes ses promesses. «Après plus d’une année de préparation, le moment tant attendu était enfin arrivé», avoue Marc Platel, en précisant qu’à «8h précises, le coup de canon tiré par l’Abbaye de la Haute Broye a lancé le défi». Plus d’une centaine de personnes ont accompagné les premiers kilomètres de la première étape qui les menait au Musée Olympique de Lausanne, lieu de la cérémonie officielle du défi. Surprise pour les participants et les participantes, une «foule impressionnante» les attendait, dont de nombreux sportifs et sportives, comme Sergei Aschwanden, Anita Protti, Danilo Wyss, Nicole et Yves Platel, Maude Mathys ainsi qu’Anaïs Kistler.

David Platel, RRS Clientèle privée Lavaux et président du Comité d'organisation du défi (à gauche), lors de la cérémonie officielle qui a eu lieu au Musée olympique de Lausanne.

En route à ski de randonnée vers le Simplon, dans le col de l’Inneri Nanzlicke, dans la vallée de Nanztal.

Après les discours des représentants des différentes autorités, la parole a été donnée à l’ambassadrice du projet, Celine van Till, double championne du monde de paracyclisme. Embarquement ensuite pour rallier le Bouveret sur des canots de sauvetage. Plus de 4 000 coups de rame plus tard, les sportifs et sportives sautaient à terre pour pédaler jusqu’à Aigle. Ils sont remontés sur leur petite reine le lendemain pour lutter contre le vent dans la plaine du Rhône. Objectif Stalden, d’où ils ont enchaîné un trail jusqu’à Saas-Fee.

Le vent et le brouillard corsent le défi

Skis et peaux de phoque au menu des étapes suivantes. Mais aussi neige, brouillard et vent. «Face à un risque d’avalanche élevé, les guides de haute montagne dirigés par Frédéric Maillard ont adapté le parcours et déclenché un plan B.» Les athlètes ont tout de même atteint l’Egginerjoch à plus de 3 000 mètres d’altitude, avant de redescendre vers la vallée de Saas, poursuit-il.

Et ce n’est pas terminé. «La seconde étape de montagne s'est déroulée dans des conditions particulièrement difficiles. Brouillard, neige difficile à skier, vent et, en fin de journée, une visibilité quasi nulle ont obligé les guides à s’orienter à la boussole. L’arrivée au col du Simplon est vécue comme un soulagement. Le soir, les participants ont été accueillis chaleureusement à Macugnaga, en Italie.»

Soutiens italiens

La suite a emprunté les routes italiennes. À vélo à travers le Piémont et la Lombardie. «Au bord du lac Majeur, à Baveno, un ravitaillement spectaculaire a redonné de l’énergie aux athlètes. Ensuite, plusieurs crevaisons ont ralenti la progression du cortège et nous ont obligés à adapter le programme.» Ce sera donc un semi-marathon au lieu du marathon prévu qui a finalement amené les participants et les participantes à Milan. Une étape durant laquelle l’équipe est rejointe par une quinzaine de coureurs italiens venus partager les derniers kilomètres. «Lorsque le panneau Milano était enfin en vue, l’émotion était immense», se souvient Marc Platel.

Accueillis par Monsieur le Président

Et ce n’est pas moins que le président de la Confédération, Guy Parmelin, qui les a accueillis à la Maison Suisse en compagnie de Christophe Dubi, directeur exécutif du CIO, Alexandre Edelmann, représentant de Présence Suisse et Stefano Lazzarotto, consul général de Suisse en Italie.

«L’arrivée de Thibault Sprenger, athlète en situation de handicap et participant au défi, symbolise parfaitement l’esprit de cette aventure», ajoute Marc Platel, qui conclut: «pour toutes et tous, Oron–Milan 2026 restera bien plus qu’un défi sportif: une aventure humaine exceptionnelle.»

Ravitaillement à Baveno, avec une vue magnifique sur le lac Majeur et une partie du staff particulièrement motivée.