Dossier

Lausanne, une région au-delà de la capitale

La région de Lausanne, qui regroupe deux districts vaudois et comprend le siège de la Banque, se révèle à la fois si semblable et si différente de ses huit consœurs. Une chance et un défi pour les trois responsables régionaux Jean-Daniel Dreifuss, Christophe Millius et Henri-Pierre Monney.
| Par Anne Gaudard, BCV

Christophe Millius (Private Banking), Henri-Pierre Monney (PME) et Jean-Daniel Dreifuss (Clientèle privée), les trois responsables régionaux (RRS) de la région de Lausanne font désormais bureau commun.

Ils ont enfin un bureau, une identité à eux. Cette récente proximité – les trois responsables régionaux (RRS) de la région de Lausanne ne le cachent pas – a fortement dynamisé la collaboration au quotidien des trois métiers de front. Cette réalité est aussi nouvelle, car deux d’entre eux sont arrivés dans la capitale en 2023. Christophe Millius a en effet quitté son poste de RRS Private Banking de la Riviera et Jean-Daniel Dreifuss celui de RRS Clientèle privée à Nyon pour rejoindre Henri-Pierre Monney, qui incarne, lui, depuis de nombreuses années le visage des PME à Lausanne et dans sa région.

Cela dit, qu’on le veuille ou non, travailler dans la région de Lausanne signifie quand même devoir compter avec cette particularité géographique d’être là où se trouve le siège de la Banque. Quelque 120 collaborateurs et collaboratrices vivent cette expérience de la région au quotidien, au cœur d’un territoire qui regroupe peu ou prou deux districts, Lausanne et l’Ouest lausannois. Sachant que Cheseaux et Chailly en réfèrent à d’autres triumvirats.

Lausanne, une région à la fois si différente et si semblable aux autres. En chœur, les trois RRS ne peuvent que constater qu’au quotidien, le travail est fondamentalement le même que dans les autres régions. Et, comme ailleurs, il comprend des réalités qui lui sont propres. «Notre spécificité dans le domaine des PME réside dans le fait que le secteur primaire est quasi inexistant dans notre activité», relève Henri-Pierre Monney. Beaucoup de tertiaire en revanche, mais aussi du secondaire. Dans le Private Banking, ajoute Christophe Millius, «nous sommes confrontés à une concurrence plus élevée que dans d’autres régions, car tous les acteurs bancaires, notamment de la gestion de fortune, sont présents à Lausanne». Jean-Daniel Dreifuss avance, lui, un avantage, «nous avons tous les services internes à proximité, nous collaborons de manière intense avec eux», et une particularité, «peut-être qu’à la différence d’autres emplacements, Lausanne a un visage plus impersonnel, même si l’on connaît beaucoup de monde».

Forte densité

Les 14 agences que comprend la région reflètent la diversité de la vie à Lausanne. Elles se présentent dans un maillage assez serré au cœur d’une zone à forte concentration démographique et économique. D’ailleurs, statistiquement, le district de l’Ouest est plus densément peuplé que celui de Lausanne, qui compte un certain espace forestier. «Le travail des agences au quotidien varie fortement selon leur implantation et la clientèle spécifique au quartier», explique Jean-Daniel Dreifuss. On passe ainsi d’un point de contact à Bellevaux, qui a encore des aspects de village, à celui d’Ouchy, qui compte parmi sa clientèle des fédérations sportives internationales ou des multinationales comme Philipp Morris (voir Convergences 76). Une agence, qui soit dit en passant, a déménagé et est en pleine rénovation.

Au centre-ville, les flux de fréquentation restent importants, poursuit Jean-Daniel Dreifuss en citant Saint-François et Chauderon. Ces visites se couplent aux nouvelles manières de consommation des services bancaires. À Lausanne, comme dans le reste du canton, la clientèle utilise de plus en plus les outils numérisés, mais apprécie le contact multicanal.

La problématique ne diffère pas fondamentalement pour les collaborateurs et collaboratrices du PB. «Nos défis sont les mêmes qu’ailleurs, relève Christophe Millius. Nous observons des besoins identiques en matière de conseil patrimonial. Nous sommes présents avec notre vision à 360 degrés. Et même à Lausanne, où la notion de proximité prend parfois des allures différentes de celles que l’on rencontre dans les autres régions, comme j’ai pu longtemps le constater sur la Riviera, elle est au cœur de notre savoir-faire.»

Forte diversité

Des réalités différentes également dans l’une des activités clés de la Banque, l’immobilier. «Si vous prenez l’exemple de la gestion des prêts hypothécaires, la réalité n’est pas la même à Chauderon, où les réserves de logements se font rares, et au Mont-sur-Lausanne, où il est encore possible de participer à un projet de PPE». Le triumvirat poursuit: «nous évoluons dans une région aux prix de l’immobilier élevés avec des taux de propriétaires qui varient fortement d’un quartier à l’autre».

Côté entreprises, le Grand Lausanne compte pour environ 40% de l’économie cantonale, rappelle Henri-Pierre Monney. Les services sont bien implantés au centre avec les banques, les assurances, l’hôtellerie et la restauration. Côté commerce, l’ensemble du territoire est bien desservi avec, il est vrai, des typologies de points de vente très variées. Le tertiaire s’étend également à l’Ouest et au Nord avec les Grandes Écoles et autres parcs scientifiques qui permettent la création de nombreuses start-up, dont certaines ont désormais acquis le statut de scale-up, soit de jeune entreprise en fort développement. Quant au secondaire, il trouve davantage la place dont il a besoin en direction de l’Ouest.

Une année chargée

Et Lausanne d’accueillir deux événements importants en cette année 2025: la Fête fédérale de gymnastique et le 750e de la Cathédrale (lire les rubriques Témoignage et Engagement). Sport et culture, deux activités phares de la capitale olympique, qui permettent à la Banque, ses collaborateurs et collaboratrices et leur clientèle de resserrer leurs liens lors des événements qu’elle soutient.

Ils travaillent dans la région lausannoise

 

Charlotte Martin, conseillère PME

«Pur produit BCV», c’est elle qui le dit, Charlotte Martin vient de rejoindre l’équipe d’Henri-Pierre Monney à Lausanne. Après un stage de maturante à l’agence d’Échallens, elle est entrée dans la filière PME comme assistante-conseillère dans le Gros-de-Vaud, puis a rejoint le Centre de conseil entreprises en tant que conseillère. Son parcours varié passe en outre par l’obtention d’un Bachelor en économie d’entreprise. Un bagage qu’elle met donc désormais au service d’une clientèle qu’elle se plaît à qualifier de «diversifiée».

Et d’illustrer son propos exemples à l’appui, elle qui a désormais une vision plurielle de l’activité dans le canton. «J’ai des contacts tant avec des représentantes et représentants de restaurants, de garages, de cabinets médicaux ou d’études d’avocats». Sans oublier bien sûr les start-up, dans une région, l’arc lémanique au sens large du terme, qui a acquis un nom dans l’univers de l’innovation mondiale. Charlotte Martin ajoute ainsi que la Région se caractérise par son dynamisme. Expérience faite donc, depuis le 1er septembre dernier, sur le terrain.

Dynamisme et diversité, ces caractéristiques expliquent notamment le fait que, pour elle, «chaque jour est différent». Au quotidien, elle se dit fière «d’accompagner les entreprises lors de leur création ou lors d’un besoin en financement». Elle apprécie en outre «le contact avec cette clientèle spécifique et aime lui rendre visite dans ses murs». Ceci, dans le but de «soutenir les entreprises du canton», mais aussi «d’apprendre de nouvelles choses chaque jour».

Dynamisme et diversité sur le plan économique bien sûr. Mais pas seulement. Sur le plan sportif aussi, une activité qui lui tient à cœur, elle qui joue au Lausanne-Sport Féminin et qui soutient ses collègues de la première équipe masculine ou encore le LHC. En ce sens aussi, le printemps 2025 s’annonce particulièrement animé.

David Annen, responsable d’agence, Renens

«Mes journées ne se ressemblent jamais». Il le dit d’emblée. Il est vrai que son agence se trouve dans une des zones les plus dynamiques démographiquement et économiquement parlant du canton. Renens, c’est la cinquième ville vaudoise, désormais reconnue comme nœud ferroviaire. «Depuis quelques années, la ville négocie un tournant important. L’activité immobilière est ainsi assez symptomatique de cette évolution rapide. Plusieurs grands projets sont à bout touchant, comme dans les environs de la gare, d’autres sont dans le pipeline, nous avons encore des promotions en vue, mais l’espace constructible sur la commune se raréfie et les prix augmentent.» Il constate que l’heure, là aussi, est à la densification. Densification de l’habitat. Mais aussi des activités.

Renens, c’est aussi une ville intéressante de par sa proximité avec les Grandes Écoles, l’UNIL, l’EPFL, l’ECAL, dont une partie de la population cherche à se loger et à vivre dans la commune. «Nous les apercevons dans notre clientèle. Ces étudiantes et étudiants ne sont pas forcément des gens de passage. Certains restent. C’est un vivier de talents dont bénéficient la commune et ses acteurs économiques».

L’Ouest lausannois garde encore, malgré le développement en cours, un esprit villageois. Même si le centre évolue, «il reste un noyau dans certaines communes», constate David Annen qui les connaît bien. «Lorsque l’on fréquente ces endroits, on perçoit rapidement une identité locale insoupçonnée. Le mélange entre habitants de longue date et habitants récents se passe souvent bien». Son engagement dans la communauté, notamment au comité de la Société industrielle et commerciale de l’Ouest lausannois, SICOL, le lui a prouvé. «Les gens se connaissent, il y a beaucoup d’échanges entre PME, de la solidarité même.»

Mais l’explosion démographique de l’Ouest lausannois a son revers. La surcharge des infrastructures, notamment des transports, mécontente nombre d’habitants, mais aussi les pendulaires. David Annen se réjouit ainsi de l’arrivée du tram qui reliera cette région dynamique au Flon.

Zejnepe Berisha, conseillère PB

Elle connaît bien le marché lausannois, et plus particulièrement le marché de la gestion de fortune de la Région. Zejnepe Berisha a d’abord découvert l’activité en tant que stagiaire maturante en septembre 2015. Quatorze mois plus tard, elle devenait assistante de gestion au PB Lausanne. Elle a poursuivi son chemin en devenant assistante-conseillère, puis, il y a un an, conseillère Private Banking, après avoir obtenu la certification CWMA – Certified Wealth Management Advisor.

Son quotidien? Elle le décrit en commençant par un mot clé: accompagner. Accompagner sa clientèle signifie concrètement «savoir écouter ses besoins jour après jour en utilisant tous les canaux de contact disponibles». Tantôt ce sera un entretien face à face, tantôt la relation s’établira à distance. Ces rendez-vous lui permettent «d’aborder différentes questions touchant au patrimoine de mes clients et de mes clientes». En fait, toutes les questions, dans le but «d’établir une vision à 360° de leurs besoins». Il s’agit bien sûr «d’évaluer la situation de leur portefeuille», mais pas seulement. Elle suit «l’évolution de leur situation professionnelle et personnelle. Je leur propose des solutions pour leur logement, leur retraite, etc.; en d’autres termes, une gestion patrimoniale complète». Enfin, elle s’occupe du traitement des éléments administratifs qui en découle.

Un quotidien dans lequel elle se plaît. «Cette région est très dynamique et me permet de rencontrer une clientèle très variée, dont les demandes sont aussi spécifiques que différentes.» Et d’insister: «tous ces éléments me permettent d’avoir une diversité incroyable dans mon travail.»

Enthousiaste, elle l’est aussi lorsqu’il s’agit d’évoquer la région dans laquelle elle vit et évolue. «J’apprécie notamment le fait de pouvoir bénéficier tant de l’aspect ville que de l’aspect nature. J’aime particulièrement pouvoir me balader au bord du lac, aller bruncher un dimanche dans le magnifique cadre du Musée olympique, ou me promener dans la forêt à Sauvabelin.» Diversité encore.