Dossier

BCV Solidarité: de la Tanzanie au Bénin, sur les traces de vos dons

Le comité de sélection des projets de BCV Solidarité a arrêté son choix, en 2026, sur le projet de l’association Éclosion des compétences, qui prendra forme au Bénin. Dans le même temps, un petit groupe se rendait en Tanzanie pour découvrir l’école fraîchement construite pour la communauté maasaï d’Ilkandururo. Découvertes.
| Par Brigitte Demierre Prikhodkine, BCV
BCV Solidarité, c’est l’histoire d’un cadeau. Un cadeau de fin d’année que la BCV remettait à ses collaboratrices et ses collaborateurs. Un cadeau individuel, matériel, qui n’avait pas le pouvoir de satisfaire tout le monde. Ce cadeau s’est transformé en une action collective sous forme de don, au nom de tous les collaborateurs et de toutes les collaboratrices de la Banque, fait à une association basée en Suisse, afin de concrétiser un projet humanitaire chaque année.
Et ce don a le pouvoir de changer des vies, en venant en aide aux plus démunis. L’accompagnement n’est pas seulement financier. Des collaboratrices et des collaborateurs volontaires de la Banque sélectionnent le projet et suivent sa concrétisation.

2026, cap sur le Bénin

Le projet défendu devant le comité de sélection et plébiscité par ce dernier durant le premier semestre de cette année met le cap sur le Bénin, dans le nord-ouest du pays, à Natitingou. Porté par l’association Éclosion des compétences, il vise à promouvoir l’hygiène et la santé dans la commune de Natitingou et de l’équiper de latrines familiales pour éviter la propagation de maladies.

Au Bénin, la problématique de l’approvisionnement en eau potable, de l’hygiène et de l’assainissement reste d’actualité. Si des progrès remarquables ont été enregistrés en matière d’accès à l’eau potable, les disparités d’une localité à une autre persistent en matière d’assainissement.

Les maladies transmissibles constituent encore les principales causes de morbidité et de mortalité. Viennent ensuite les autres affections gastro-intestinales et les traumatismes. On parle aussi des pathologies insoupçonnées liées au manque d'hygiène, comme la pneumonie, la gale, les infections oculaires et cutanées et les maladies liées à la diarrhée, comme le choléra et la dysenterie.

C’est en accord avec le maire de la commune de Natitingou, au nord-ouest du Bénin, que l’association Éclosion des compétences s’est engagée dans des actions de prévention et de promotion de la santé. Cette commune est formée de 65 villages comptant quelque 120 000 habitants.

Les latrines sont équipées de deux fosses vidangeables, dont le contenu servira d’engrais.

«Nous avons adapté notre méthode d’enseignement à la population et aux moyens disponibles chez chacun, c’est-à-dire presque rien. Nous donnons un minimum de théorie et beaucoup de pratique, car c’est le meilleur moyen d’intégrer l’apprentissage.»

Marina Rey, cofondatrice de l’association Éclosion des compétences, infirmière-enseignante et clinicienne en soins à domicile.

En matière de prévention et de santé, les formateurs et formatrices béninois enseignent des soins simples et accessibles aux villageois. «Nous travaillons avec les moyens présents dans les maisons», précise Rouayda Cavin Périer, infirmière-enseignante et docteure en biologie, cofondatrice de l’association Éclosion des compétences, «cela garantit la pérennité des actions. Par exemple, pour les soins des plaies, nul besoin de désinfectant, de compresses ou de sparadraps; de l’eau propre et du savon pour nettoyer, du beurre de karité pour éviter la sécheresse de la peau et aider à la cicatrisation et des morceaux de tissus propres pour couvrir la plaie suffisent à éviter la contamination et les infections, comme le tétanos. En cas d’aggravation, nous leur recommandons de consulter les soignants dans un centre de santé.» Pareil pour l’«eau salée sucrée», un cocktail de réhydratation en cas de diarrhée. Pour la préparer sans mesureur, balance ou cuillère de la bonne taille, la formation préconise «qu’elle ne doit pas dépasser le goût des larmes».

Une des thématiques enseignées est aussi celle de l’hygiène de l’habitat, dont font partie la propreté de l'eau, l'hygiène alimentaire, la disponibilité et l'utilisation de latrines, l'hygiène corporelle et le tri des déchets, y compris une explication du lien entre maladie et hygiène.

Active sur le terrain depuis ses débuts il y a 10 ans, l’association poursuit son activité de prévention et participe désormais aussi à l’aménagement de latrines, indispensables pour atteindre un niveau d’hygiène correct. Le projet qui a été présenté à BCV Solidarité vise plusieurs buts: poursuivre la formation de la population sur la prévention et la santé au travers de plusieurs modules et équiper cette dernière de nouvelles latrines familiales.

Au vu de la pauvreté des familles qui adhèrent au programme sur l’hygiène de habitat et de leur volonté d’améliorer leurs conditions, l’association Éclosion des compétences a proposé de les aider en construisant des latrines. Début 2026, la commune comptait 88 latrines au total, disponibles pour 318 familles. Un seul village est complètement couvert et on n’y trouve dès lors plus de défécation à l’air libre. À terme, le but de l’association est d’atteindre cette situation dans tous les villages de la commune. Ce projet répond, de surcroît, à un des objectifs de l’OMS et des Nations Unies qui est de mettre fin à la défécation à l'air libre d'ici à 2030.

La construction des latrines est participative, car l’esprit de l’association est le suivant: travailler avec et pour les villageois, ne jamais forcer, mais chercher l'adhésion de la population et, enfin, apporter des connaissances en utilisant le matériel que les villageois possèdent. L’aménagement de 120 latrines est prévu sur deux ans.

 

La BCV assiste à l’inauguration de l’école d’Ilkandururo en Tanzanie

Si 2026 a vu le soutien d’un nouveau projet, c’est aussi à la fin du premier semestre qu’une petit délégation de collègues issus du comité de sélection 2025 a pu se rendre en Tanzanie pour constater de visu la bonne mise en place du projet soutenu l’année passée. Celui-ci proposait d’aménager une école primaire dans le hameau d’Ilkandururo en Tanzanie, à la demande de la communauté maasaï qui y réside.

Faible scolarisation

Le village de Lesoit est composé de quatre hameaux. Dans celui d’Ilkandururo vivent quelque 1 400 habitants, dont environ 500 enfants. Parmi ceux-ci, moins d’un tiers sont scolarisés. Pourtant, le village de Lesoit héberge une école secondaire de qualité (Lesoit Secondary School), mais celle-ci n’accueille que très peu d’élèves de la région, en raison du manque de lieux adaptés à une éducation solide et accessible aux plus jeunes. La seule école primaire publique en place en 2025 était surchargée, accueillant 450 élèves pour seulement six enseignants. Le projet de construction, à Ilkandururo, d’une école primaire privée émanait directement de la volonté de la population locale, et en particulier des anciens qui cherchaient à assurer la pérennité de leur communauté dans un monde en constante évolution.

Lors de l'inauguration, les habitantes et les habitants de la région ont montré leurs danses traditionnelles.

L'école Alakira, l'étoile d'Ilkandururo, brille dans la savane africaine.

Or, l’association vaudoise Elewa-Africa avait déjà œuvré sur place afin d’y amener un accès à l’eau potable. Cette première expérience concluante avait permis de créer une relation de confiance durable, et c’est ainsi que l’association a pu accéder à la demande des anciens d’aménager une école pour leur communauté. Le projet d’Elewa-Africa présenté auprès des collaboratrices et des collaborateurs de la BCV visait principalement à scolariser les quelque 250 enfants du village en âge d’être inscrits dans la nouvelle école, répartis sur sept niveaux scolaires (de l’école enfantine à la sixième primaire).

Alakira ou étoile

«Alakira», c’est le nom que les habitants ont choisi pour la nouvelle école, qui veut dire «étoile», car «nous voulons que cette étoile brille longtemps dans la savane africaine», comme l’ont expliqué les habitants à Krysia Cinelli, présidente de l’association Elewa-Africa. Achevée fin juin 2026, l’école a été inaugurée le 11 juillet 2026. L’année scolaire tanzanienne se déroulant de janvier à décembre, l’ouverture d’Alakira en juillet a constitué une phase de test avant la rentrée officielle des classes en janvier 2027.

Le projet d’Elewa-Africa ne s’arrête pas avec le soutien de BCV Solidarité. En effet, 2026 voit se poursuivre les travaux d’aménagement, afin que la communauté de Lesoit, et surtout les enfants, bénéficient du meilleur encadrement possible pour leur éducation.

D'autres projets...

Pour approvisionner l’école en eau, il est aussi prévu de construire un système de récolte de l’eau de pluie dans un réservoir souterrain. De là, à l’aide d’une pompe motorisée alimentée par des panneaux solaires, l’eau sera distribuée aux points nécessaires. L’association Elewa-Africa espère également finaliser la construction de deux maisons supplémentaires de deux appartements pour loger les enseignants.

Autant les collègues de la BCV que les membres de l'association ont pu tester les nouvelles salles de classe.

Témoignages

Pascale Vouilloz
Conseillère juridique spécialisée, était du voyage en Tanzanie. Impressions à chaud.

«Il m’a fallu 10 minutes pour décider». C’est ainsi que Pascale Vouilloz parle de son choix d’être allée sur place en Tanzanie pour voir l’école aménagée à Ilkandururo grâce à l’association Elewa-Africa.

«Lorsque j’ai proposé ma candidature pour faire partie du comité de sélection des projets, je n’avais pas l’idée du voyage en tête, car ce dernier n’est pas systématique. Faire des voyages lointains ne fait plus partie de mes envies, sauf s’ils ont vraiment un sens. Et là, c’était le cas.

J’ai découvert l’Afrique, tout était nouveau. Nous avons voyagé durant un jour et demi, entre avion, trajet en jeep, d’abord sur des routes goudronnées, puis sur de la piste. Cela peut paraître long et inconfortable, mais, entre l’excitation de la découverte, les partages avec mes collègues, les explications de notre guide – membre local de l’association – et le fait qu’il me fallait absorber tout ce que je voyais, je ne l’ai pas ressenti.

Nous avons été accueillies sur place par Krysia, qui nous a servi d’interprète quand les personnes ne parlaient pas anglais, nous avons vu les troupeaux, assisté à la traite, nous avons bu le thé chez les Maasaïs. Le jour suivant, nous avons eu la chance de rencontrer de jeunes Maasaïs qui faisaient leur rite de passage à l’âge adulte, un moment rare et vraiment très beau. Nous avons, bien sûr, visité les nouveaux locaux, composés de onze bâtiments.

J’ai beaucoup apprécié la philosophie de l’association Elewa-Africa, qui implique la population locale, partie prenante aux projets financés, dès leur conception et dans la durée. Ce qui m’a plu est que l’écolage de cette école privée est pris en charge par les parents, ce qui renforce leur engagement dans l’éducation de leurs enfants. La possibilité de parrainer les enfants issus de familles en difficulté existe également. Les renseignements figurent sur le site de l’association. Krysia, tout comme ses collègues Francine et Katya, incarne son projet. Soutenir son association était mon premier choix.

Lors de l’inauguration, nous avons assisté aux danses et aux chants des hommes et des femmes, aux discours des autorités venues spécialement pour l’occasion, sous les feux de la télévision nationale, et nous y avons rencontré un député d’origine maasaï qui a beaucoup soutenu l’association dans ses démarches. Lui-même avait été parrainé par un couple de zurichois pour payer ses études dans sa jeunesse. Il nous a dit que ce que l’association avait accompli «au milieu de nulle part » relevait du miracle. C’est vrai!»

Nadia Maamache
Conseillère à la clientèle, en formation à l’agence de Saint-François, raconte son aventure en Tanzanie.

«Je suis entrée à la BCV en mai 2024 et c’est lors des journées d’accueil qu’on nous a parlé de BCV Solidarité. J’ai directement postulé lors de l’appel à candidature, la même année. J’ai fait longtemps du bénévolat en France, auprès des «Restos du cœur» notamment, et de pouvoir m’investir pour défendre des projets humanitaires au sein même de l'entreprise où je travaille était une idée motivante. Je ne savais pas du tout ce qui m’attendait. L’analyse des dossiers selon certains critères, la défense des projets, cela a été très intéressant. Le projet d’école en Tanzanie m’a tout de suite parlé, car j’envisageais un projet au plus près de l’humain. Et quand nous avons reçu l’e-mail, près d’une année plus tard, nous proposant d’aller constater sur place le résultat de notre don et des travaux menés à Ilkandururo, je n’ai pas hésité. Je ne connaissais pas l’Afrique subsaharienne, tout comme je n’avais jamais assisté à l’inauguration d’une école.

C’était incroyable de voir les choses se concrétiser, du bureau où nous avons choisi l’association à soutenir aux pupitres scolaires où les enfants allaient étudier, et de rencontrer ces mêmes enfants. Ce sont des souvenirs qui n’ont pas de prix.

C’est aussi une réelle aventure, un voyage, mais pas des vacances: le rythme était très soutenu avec des vols de nuit, quatre jours sur les routes, avec des trajets de cinq heures en moyenne, dont plusieurs heures de piste… avec les fenêtres ouvertes. C’était assez drôle de nous voir couverts de poussière à l’arrivée.

Nous avons été très bien accueillis, et avons vécu certaines réalités locales, comme les coupures d’eau et d’électricité. Pour l’anecdote, le jour où j’ai voulu laisser ma lampe allumée le soir, pensant faire fuir un gros cafard, il y a eu une coupure de courant. Autant vous dire que je n’ai pas beaucoup dormi ce soir-là. On en a beaucoup ri. Ce sont ces moments que l’on aime raconter et qui nous font surtout réaliser la chance qu’on a.

Ça a été une aventure mémorable sur tous les points et particulièrement la rencontre avec les Maasaïs. Lors de l’inauguration, il y avait plus de mille personnes; et trois voitures. Tout le monde était venu à pied, des enfants aux personnes âgées. C’est un peuple inspirant, qui vit connecté avec la nature qui l’entoure.

Ils vivent de ce qu’ils produisent et conservent un lien très fort avec leurs traditions. Les enfants sont calmes, curieux, très respectueux. Quand on les voit, on a envie d’être là pour eux. J’ai eu un contact privilégié avec les femmes maasaïs, l’une d’elle qui venait d’accoucher m’a même confié son bébé, chose rare puisqu’un nouveau-né n’est généralement pas montré avant un délai de trois mois.

Ce que font les employés de la BCV au travers de ce don est magnifique, car il est sans contrepartie. Pour nous, ce sont quelques journées à consacrer à choisir un projet; pour les enfants maasaïs, ce sont plusieurs années de scolarité assurées. Cela n’a pas de prix.»

Marc Grandchamp à la barre de BCV Solidarité

En 2026, Eric Allemann a pris sa retraite et a donc également passé le témoin de BCV Solidarité à son successeur, après avoir accompagné durant 15 ans les différents comités de sélection. C’est à Marc Grandchamp, responsable du département Affaires spéciales crédits, que revient ce privilège.

«Je vais totalement m’investir dans ce programme. Je suis pleinement conscient de la responsabilité que cette fonction implique. Je vais donc continuer à porter les valeurs de BCV Solidarité et de la Banque. De manière impartiale, j’apporterai le soutien nécessaire aux membres du comité de sélection, que ce soit lors des délibérations ou lors des votes. Je souhaite donc promouvoir la continuité, la collaboration et le soutien, qui sont, à mes yeux, essentiels pour mener à bien les projets qui seront retenus, et qui auront le pouvoir de changer des vies durablement.

Par le passé, j’ai eu l’occasion de participer à plusieurs journées de bénévolat, au cours desquelles j’ai contribué à diverses activités enrichissantes. Mon engagement s’est principalement concentré sur la formation des jeunes ou la remise en état de sites naturels. Je n’ai, en revanche, pas encore eu l’occasion de participer à des projets humanitaires, mais celle qui m’a été offerte au travers de BCV Solidarité est une chance que je ne pouvais pas laisser passer. Elle représente à mes yeux un acte de solidarité qui contribue au bien-être de ceux qui en ont grandement besoin. Je suis donc enthousiaste à l’idée de m’investir dans ce programme dont l’unique but est de venir en aide aux plus démunis.»

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