Engagement

BCV et Advance: faire progresser ensemble l’égalité des genres

Portée par PLURI’elles, avec le soutien de Pascal Kiener, CEO de la BCV, et du département des Ressources humaines, la démarche d’adhésion à Advance marque une nouvelle étape dans l’engagement de la Banque en faveur de l’égalité des genres.

L'association Advance offre un espace d’échange et d’apprentissage à l’échelle interentreprises. Crédit photo: Advance - Linda Pollari

En juin dernier, la BCV est entrée dans une phase pilote avec Advance, une association suisse qui réunit des entreprises engagées pour renforcer la diversité des genres et l’inclusion dans le monde professionnel (lire ci-dessous). Cette démarche s’inscrit dans un objectif clair: atteindre 25% de femmes cadres supérieurs d’ici 2030. Pour y parvenir, la Banque souhaite à la fois poursuivre les initiatives développées en interne et s’enrichir des expériences d’autres organisations confrontées à des enjeux similaires.

PLURI’elles et Advance: deux approches complémentaires

La participation à Advance vient compléter le travail mené depuis plusieurs années au sein de la BCV par PLURI’elles, le réseau interne dédié à la promotion de l’égalité et au développement des femmes dans leur parcours professionnel.

Les deux démarches se renforcent mutuellement. PLURI’elles permet de faire émerger les besoins, les expériences et les initiatives au sein de la Banque, tandis qu’Advance offre un espace d’échange et d’apprentissage à l’échelle interentreprises. En rejoignant ce réseau, la BCV peut ainsi confronter ses pratiques à celles d’organisations issues de secteurs différents, identifier des solutions qui ont fait leurs preuves et, à son tour, partager ses propres expériences.

Advance organise différents événements, comme celui sur le livre blanc, chez Tag Heuer, à Signy, en 2025.

La participation de la BCV à Advance (ici un exemple de séminaire) vient compléter le travail mené depuis plusieurs années par PLURI’elles, le réseau interne dédié à la promotion de l’égalité et au développement des femmes dans leur parcours professionnel.

Pour Xiaohong Cheng-Leyvraz, présidente et cofondatrice de PLURI’elles au sein de la BCV, cette complémentarité est particulièrement précieuse: «Rejoindre ce réseau est une chance pour la Banque. Bénéficier des meilleures pratiques d’autres entreprises nous permet d’aller plus vite dans le domaine, d’éviter certaines erreurs et certains écueils, et de découvrir ce qui se fait de mieux.»
 
Des défis qui dépassent les secteurs

Les réalités peuvent différer d’un secteur à l’autre, mais un constat se retrouve largement dans le monde professionnel: les femmes restent moins nombreuses que les hommes au fur et à mesure que l’on progresse dans la hiérarchie, notamment dans les fonctions managériales et exécutives.

Finance, industrie, technologie, sciences, aviation ou encore services: chaque domaine possède ses spécificités, ses métiers et ses cultures professionnelles. Pourtant, les entreprises se retrouvent souvent face à des obstacles comparables lorsqu’il s’agit de faire progresser durablement la représentation féminine dans les postes à responsabilité.

Experte du secteur de l’aviation et responsable des relations avec la Suisse romande pour Advance, Cate Bichara connaît bien cette réalité. «Des facteurs structurels contribuent à ces inégalités et à la sous-représentation des femmes, comme la répartition encore déséquilibrée des responsabilités familiales. Mais les entreprises ont tendance à considérer leur situation comme unique. À plus grande échelle, on constate que tout le monde rencontre des difficultés similaires. Et que des solutions innovantes et des bonnes pratiques existent dans chaque structure… Les partager est essentiel.»

Le partage comme principe

C’est précisément sur ce partage que repose l’une des spécificités d’Advance: permettre aux entreprises de ne pas chercher chacune de son côté des réponses à des problématiques qui, dans de nombreux cas, se ressemblent.Dans le secteur bancaire, qui figure parmi les secteurs suisses concernés par le plafond de verre, le chemin reste encore important. «Beaucoup de choses doivent encore être faites», souligne Xiaohong Cheng-Leyvraz.

Cate Bichara, responsable des relations avec la Suisse romande pour Advance.

L’objectif fixé de femmes cadres va bien au-delà de l’attractivité auprès des jeunes talents: il constitue un véritable levier de performance. «De nombreuses études internationales établissent un lien entre diversité et performance. Les équipes diversifiées prennent généralement de meilleures décisions, sont plus performantes et plus créatives, et sont également plus satisfaites», explique Cate Bichara.

Dans l’adhésion à Advance, Cate Bichara voit des enjeux très concrets pour la Banque. «La BCV a un rôle fondamental dans l’économie vaudoise et suisse, c’est un phare et un moteur. La diversité peut notamment l’aider à mieux répondre aux besoins de sa clientèle féminine, à soutenir le financement des créatrices d’entreprise, et à agir face aux écarts de littératie financière entre les femmes et les hommes.» (Lire ci-dessous un exemple)

Une démarche qui concerne toute la Banque

L’adhésion à Advance est actuellement en phase pilote. Elle permet déjà à l’ensemble des personnes employées par la BCV de prendre part aux conférences, événements en ligne et activités de réseautage proposés par l’association.

«Les collaborateurs et collaboratrices peuvent participer à des conférences de qualité et faire part de leurs expériences», explique Xiaohong Cheng-Leyvraz.

La démarche s’inscrit ainsi dans les objectifs RH et l’engagement RSE de la BCV: «encourager la montée en responsabilité, accompagner les talents et développer une culture d’entreprise qui permet aux femmes et aux hommes de progresser dans leur carrière et leurs ambitions professionnelles», rappelle Xiaohong Cheng-Leyvraz.

À travers cette initiative portée par PLURI’elles et soutenue par la Direction générale et les Ressources humaines, la BCV entend conjuguer action interne et ouverture externe: faire vivre l’égalité au sein de la Banque, tout en apprenant de celles et ceux qui, ailleurs, expérimentent eux aussi de nouvelles façons de faire progresser les talents.

C’est dans cette complémentarité entre l’action de proximité de PLURI’elles et la force du réseau Advance que la Banque entend accélérer ses progrès en matière d’égalité des genres.



Advance, en bref...

  • Association à but non lucratif engagée depuis 12 ans en faveur de l’égalité des genres dans l’économie suisse.
  • Réservée aux entreprises et aux organisations.
  • 152 membres dans toute la Suisse, dont une trentaine de banques, représentant près de 500 000 personnes employées, soit environ 10% de la population active suisse.
  • Quatre axes d’action: développement du leadership des talents féminins et du leadership inclusif des talents masculins; échange de bonnes pratiques entre entreprises, avec plus de 80 études de cas disponibles; mentorat interentreprises entre talents à fort potentiel et cadres exécutifs; événements de réseautage destinés à l’ensemble du personnel des entreprises membres, des CEO aux talents émergents.
  • Un leadership intellectuel fondé sur les faits et les chiffres, notamment à travers le Gender Intelligence Report, réalisé chaque année avec le CCDI de l’Université de Saint-Gall, ainsi que des livres blancs élaborés avec les entreprises membres.

Pour en savoir plus: advance

Femmes et PME romandes: un impact qui transforme les dynamiques d’entreprise

À l’occasion de l’événement consacré à l’impact des femmes dans les PME romandes, réalisé par PLURI’elles en collaboration avec l’association Femmes PME Suisse Romande et la CVCI, une conviction forte s’est dégagée: au-delà des chiffres, la contribution des femmes dirigeantes transforme en profondeur les modes de fonctionnement, la culture et la performance des entreprises.

En introduction, Nicky Le Feuvre (UNIL) a posé le cadre en présentant les principales données: aujourd’hui, les femmes représentent près de 40% des effectifs et sont à l’origine d’une création d’entreprise sur deux. Pourtant, elles ne dirigent encore qu’environ 5% des PME. Un écart qui s’explique en partie par plusieurs freins encore présents: croyances limitantes, manque de confiance en soi, peur de l’échec, enjeux de conciliation entre vie professionnelle et privée, ou encore accès aux réseaux et aux rôles modèles. Les témoignages ont permis d’illustrer ces réalités avec sincérité.

La conférence a permis le partage d'expériences sur le thème des femmes dans les PME.

Engagement des équipes

Au cœur des échanges, l’impact concret des femmes dans les PME s’est révélé particulièrement marquant. Plusieurs intervenantes ont mis en avant des modes de leadership favorisant l’engagement des équipes.

Cette approche est renforcée par une attention particulière portée à la culture d’entreprise. Rachel Perroud (BCV) a partagé une vision pragmatique de son évolution: une progression étape par étape, sans sentiment particulier d’illégitimité, et une gestion des équipes où la différence entre femmes et hommes s’estompe au profit des compétences. Elle souligne également l’importance de la mixité: «La complémentarité est une richesse.»

 
Rôle du mentorat

Du côté des leviers de réussite, le rôle du mentorat et du réseau a été largement mis en avant.

Vilma Pirrello (BCV) a témoigné de l’importance d’un mentor dans son parcours: «On m’a dit “tu peux le faire”. Cela change beaucoup de choses.»

Un message fort s’est imposé tout au long de la soirée: «oser». Oser prendre sa place, oser entreprendre, mais aussi oser s’entourer. Comme l’a résumé Vilma Pirrello, la confiance — en soi et dans les autres — reste un levier déterminant.

En filigrane, une idée clé: l’impact des femmes dans les PME ne se limite pas à leur présence, mais réside dans leur capacité à faire évoluer les pratiques, à enrichir les modèles de leadership et à contribuer à une performance plus durable et inclusive.

Un enjeu stratégique pour les PME romandes — et une opportunité majeure pour les acteurs économiques et financiers qui les accompagnent.